photos en bas de texte... pour les impatients

Trois ans plus tôt.

 

Je termine ma bouchée de Tête de Moine, me rince la goulotterie pour annoncer le motif de notre présence. « Ça vous dirait une sortie sur la Loire ? » Explosion de joie, les « trop bien » fusent.

 

Par précaution, j’avais téléphoné à l’office de tourisme pour avoir confirmation de l’excursion. Au mois d’août le fleuve est capricieux. Un coup de chaleur trop fort et les embarcations ne naviguent plus.



Distribution de jumelles par une guide-naturaliste de la Ligue pour le Protection des Oiseaux. Le capitaine demande à son matelot de larguer les amarres. C’est parti pour une heure et demie de promenade à bord de l’un des deux bâtiments de la « compagnie » Loire de Lumière. Cette initiative originale est une volonté de l’association Maison de Loire en Anjou pour une valorisation touristique intelligente du fleuve royal, en coopération avec Loire de Lumière.

 

 

Vers l’abbaye

 

Le vent est tiède. Le soleil se reflète sur les flots clapoteux du dernier fleuve sauvage de France.

 

Le capitaine est attentif aux bouées matérialisant le chenal. La Loire est vivante. Elle évolue au quotidien. Les bancs de sable bougent et la position des balises de navigation est constamment remaniée. Mais parfois l’imprévisible bondit. Malgré le faible tirant d’eau du bateau, la croisière a tourné court deux semaines auparavant. « On s’est planté sur un banc de sable qui n’aurait pas dû être là, raconte le capitaine. Tout le monde a été gentiment évacué. »

 

Sur un reposoir face à l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Maur de Glanfeuil — aujourd’hui centre d’accueil pour colonies de vacances et classes découvertes, nous notons la présence d’aigrettes, goélands, mouettes, gravelots, hérons et sternes. Sur le coteau, les rangées de vigne rappellent que l’Anjou est un terroir où il fait bon vivre.

 

 

Avec un peu de chance

 

Le Loire de Lumière entreprend un demi-tour. Nous repassons devant le port Saint-Maur, à la Ménitré, notre point de départ. Direction l’île de Baure. Remontée vers le Thoureil. Le temps s’abernaudit. De lourds nuages sombres déploient leurs sinistres ailes. Il pleut là-bas. Un arc-en-ciel imparfait rehausse le tableau.

 

La vigilance redouble. La guide explique qu’ « un pêcheur a croisé un castor, il y a seulement quelques jours. » La lumière faiblit. C’est parfait pour espérer voir l’animal… avec un peu de chance…

 

Rien sur cette rive. Manœuvres autour de l’île. Pour cette fois, pas de veine. Mais quelle ambiance ! C’est un instant précieux, un poème liquide. J’adore.

 

Peu à peu, le ciel s’embrase. L’orange sanguine éclabousse le paysage ligérien. C’est un spectacle exceptionnel. Un soir à tomber en amour. Déjà Saint Mathurin allume ses réverbères.

 

 

Chiro

 

Elles frôlent l’eau, passent  au ras du bateau. C’est l’heure du Batman. Des dizaines de chauves-souris se gavent d’insectes. Pour les identifier, la guide-naturaliste dispose d’un appareil magique. Les ondes émises par les chiroptères sont propres à chaque espèce. Telle longueur de fréquence correspond à tel type de chauve-souris.

 

Obscurité totale. On ne les entend pas. On ne les voit plus. Mais elles sont toujours à nos côtés, la machine l’atteste.

 

Il est l’heure de quitter la Loire, cet espace de liberté avec lequel je me sens en harmonie.

 

Ma main serre un petit morceau de branche d’arbre taillée par un castor, cadeau de notre guide en guise d’au-revoir. C’était bien. Je reviendrai.



GALERIE PHOTOS

Vous découvrirez dans cette galerie photos sa majesté la Loire,

le général Ourko, ses deux fistons Ké et Mad,

notre guide LPO en ombre chinoise,

des ambiances à couper le souffle,

le Capitaine et son matelot,

l’abbaye Saint-Maur…

... du lourd quoi !!!!!